Une grande partie des textes qui suivent est extraite du livre de Germaine Mailhé "Evènements remarquables de la vie réthaise", prix de l'Académie Française, prix "Murat de Chasseloup-Laubat de l'Académie de Saintonge, que j'ai personnellement imprimé en 1987 en collaboration avec l'auteur.

C'est un ouvrage remarquable très complet qui  se réfère à une multitude d'archives , correspondances, dossiers officiels etc... qui a demandé un travail de recherche considérable. Difficile à trouver en librairie, dommage.

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C’est en 1865 que fut fondée La Société centrale de sauvetage des naufragés par Rigault de Genouilly, amiral, sénateur et ministre de la marine et des colonies. La société de sauvetage pour son fonctionnement faisait appel à des souscriptions annuelles, des quêtes et des ventes de charité. Elle fut reconnue d’utilité publique et elle permit d’équiper les côtes françaises de canot de sauvetages qui permirent de sauver de nombreux naufragés. Les naufrages étaient fréquents aux baleines. C’étaient les bateaux qui restaient toujours à flot le long de la jetée de la conche, bâtie pour la construction des phares qui procurait un abri par gros temps qui servaient de canots de sauvetage. Dès 1862, des terrains avaient été achetés à proximité du sémaphore afin d’y construire un abri.

C’est en 1869 que les Sauveteurs de la paroisse de Saint Clément reçurent le premier canot, l’église était construite, mais la commune de Saint Clément des Baleines n’était pas créée. Tous les canots étaient identiques et fournis par la société nationale (Annuaire de la société de sauvetage des Naufragés). Ils étaient conçus spécialement pour remplir leur mission de sauvetage, ils étaient insubmersibles, se redressaient quand ils chaviraient et se vidaient automatiquement de leur eau. L’équipage était constitué de 12 hommes, 10 rameurs, un patron et un sous patron.

 

Le premier canot de sauvetage se nomma « le Gabiou Charron ». Son nom provient d’une généreuse donatrice. La veuve Charron, riche habitante de Marennes avait fait la Société Centrale de Sauvetage sa légataire universelle. A son décès, en 1870, la Société reçu 1 500 000 F, ce qui représentait une somme très importante, à condition que l’on donne à l’un des canots de sauvetage le nom de sa fille « Gabiou Charron ». Le second canot fut appelé « L’Armand Forquenot » qui était un ingénieur des constructions navales. En 1904, ce sont des noms biens connus des villageois qui sont cités , GIRAUDEAU BABEUF était président de la société de sauvetage de Saint Clément, il avait a ses côtés GIRAUDEAU BOUDEAU, adjoint au maire et LAGORD ENET, conseiller municipal.

C’est l’époque du « Gabiou Charron » qui avait pour patron GUIGNARD et comme sous patron RIVAILLE. Le second canot, « Le Forquenot » date de 1919. Le président de la société s’appelait GIRAUDEAU LEBON, il était assisté de Victor MORIN, maître de phare. Le patron était MAINGUENAUD, le sous patron Théophile RIVAILLE. C’est un cou de canon qui donnait l’alerte quand un bateau était en danger. C’est avec le même esprit que les pompiers que l’équipage embarquait et malgré une mer très souvent agressive, les rameurs partaient en affrontant les déferlantes au péril de leur vie pour plusieurs heures afin de tenter de rejoindre le navire en détresse, éloigné de plusieurs miles. Après le sauvetage, les hommes, épuisés, se laissaient souvent porter à la côte, au plus près et au plus facile. Tous ces hommes méritent le respect et un grand nombre d’entr’eux furent décorés plusieurs fois.

 L’abri imposant que nous connaissons aujourd’hui était fermé par des portes monumentales. Il ressemble à un arc de triomphe. Il fut bâti aux frais de la Société de Sauvetage. Le canot était posé sur un chariot, toujours prêt à être mis à l’eau, à condition que la marée soit favorable.  

Le dernier homme d’équipage ayant vécu ces temps héroïques nous a quitté il y a maintenant quelques annés, il s’agissait de Gaston GIRAUDEAU, "le pêcheur", du Gillieux.

Quand la mer était basse, on avait les baleinières des Ponts et Chaussées encrées à la jetée de la conche. Elles servirent pour sauver « le Béarn et Bretagne le 31 octobre 1903 en perdition à la pointe du Lizay.

Lorsque la mise à l'eau était impossible, le canot était véhiculé parfois sur plusieurs kilomètres. C'est ce qui arriva le 23 février 1925 lors de l'un des plus dramatiques naufrages arrivé au voisinage de l'île. Un cargo espagnol « le  Christina Rueda » avec un équipage de 19 hommes fut pris dans une violente tempête au large de l'île et dans l’impossibilité de manœuvrer s’échoua à environ deux milles au large du Bois Plage. L’alerte fut donnée par deux matelots qui avaient  réussi à arriver à la cote  avec un des canots du cargo. Deux canots de sauvetage à  moteur furent avertis, un de La Palisse, l’autre de La Rochelle. Le canot de La Rochelle ne put être mis à l’eau par manque d’eau,

celui de La Palisse mis à l’eau heurta un autre bateau, perdit son gouvernail et ne put intervenir. On donna alors l’alerte à la station des baleines qui disposait à cette époque de l’ « Armand-Forquenot », canot à rames et à voile. On fit venir de Saint Martin situé à près de 20 kilomètres un tracteur qui remorqua le canot depuis son abris jusqu’au « martray » où il prit la mer. A 16 heures, il arrivait à l’épave qui était entièrement submergée à marée haute. Les sauveteurs ne décelèrent pas les survivants qui s’étaient réfugiés dans un compartiment étanche du cargo et le canot regagna le port de La Flotte pour s’y abriter. Il croise sur sa route le canot rochelais qui a pu partir et l’informe de l’absence  de survivants, le canot rochelais fait alors demi tour et rentre au port. Alerté par les deux marins survivants, le canot reprendra la mer le lendemain 24 février pour les opérations de sauvetage. Pendant le transfert des matelots à bord du canot, ce dernier chavire, et c’est une véritable catastrophe, le bilan final de ce naufrage sera très lourd : 5 survivants sur 19 pour le cargo; 3 sur 8 pour le canot

La pêche aux crustacés s’est toujours pratiquée au large de  Saint Clément des Baleines. Les Homardiers villageois, nombreux, s’ancraient face au canot de sauvetage. Les derniers pêcheurs professionnels se sont arrêtés à la fin du siècle dernier. Deux noms de bateaux  très évocateurs, l’ « endormi » et le « pas sans peine » qui portait bien son nom. Les bateaux étaient construits en bois à Ars par « CAZAVANT » dont certains voiliers sont toujours présents dans le fier.

Pendant l’occupation allemande, la pointe des baleines disposait d’une station radar de détection navale très performante destinée à protéger la base sous marine de La Rochelle. Trois pièces assuraient la protection du radar, situé entre le sémaphore et le phare. L’une d’entre elles était installée sur le toit du canot de sauvetage

 

Quelques cartes postales

 

Autres thèmes : - La création de la commune de Saint Clément des Baleines

                           - Au fil du temps, Saint Clément des Baleines  - Le canot de sauvetage - La Conche des baleines

                           - Les moulins à vent de Saint Clément des baleines - Les écluses de Saint Clément des baleines

                           - Le mur de l'atlantique à Saint Clément des baleines

                           - Les tableaux de Michel - Les réalisations de Colette

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