La route du phare au Gillieux au début du XXème siècle. La légende est fausse, c'est Saint Clément et non Saint Martin,

Saint Clément des baleines au fil du temps

Le petit train au phare des baleines

Battage du blé dans une rue de Saint Clément

L'un des 14 moulins de Saint Clément

 

C’est PTOLÉMÉE qui le premier cite la pointe des baleines et dans ce pays de forêts et de marécages, vivaient des groupes de chasseurs et pêcheurs, des silex taillés ont été retrouvés dans les rangs de vignes. Les celtes, les romains, puis les gallo-romains y séjournèrent, mais pas de trace à Saint Clément. L’île était alors boisée et la partie nord peut-être peu habitée. En 1289, Guy, vicomte de Thouars, baron de Talmont, seigneur et souverain de l’île de Ré, accorda à ses habitants une charte qui en faisait des hommes libres. L’île constituée en réalité de 3 îles, Ré, Loix et Ars était continuellement envahie par les pillards. Cette charte fut reconnue en 1408 par le Roi de France à perpétuité. Les rétais ne devaient payer ni tailles, ni taillons, ni gabelle, ni charges de quelque nature que ce soit.Au début du XIX ème siècle, les 4 villages étaient des hameaux du bourg d’Ars n’ayant ni église, ni mairie. 

Ces hameaux étaient très anciens, ils étaient tous placés sous l’autorité du « Collège Mazarin » pour les terres et les marais salants. Leurs habitants, nommés « les villageois » terme un peu péjoratif, en opposition avec « les bourgeois » du bourg, Ars, payèrent jusqu’à la révolution un impôt perpétuel aux religieux : « le cens ». La population globale des villages était égale à celle du bourg. Elle contribuait à tous les impôts, à toutes les charges du bourg, mais n’en n’avait aucune des commodités et les villageois supportaient mal cette situation de tutelle. 

Le grand village dit « Le Gillieux », était le plus éloigné et le plus peuplé, 550 habitants. Il reste de nos jours la place du « grand village ». Le collège Mazarin y avait possédé une terre, « le pré de Julien » d’où vient, peut-être« Le Gillieux » nom actuel du hameau. Les autres hameaux, qui se touchaient, sauf « Le Godinand » prenaient regroupés plus d’importance : La  Tricherie, le Griveau et le Chabot, dont le nom vient de la famille Chabot, qui y habitat.

 

Les hameaux sont très anciens. Les maisons étaient petites, serrées les unes contre les autres pour mieux résister aux intempéries. Elles étaient construites avec des pierres souvent prises à la côte. Pour des raisons d’économie, on recouvrait de crépis et on chaulait uniquement les maisons d’habitation. Progressivement des plantes (sédum, giroflée, etc) poussaient entre les pierres jointes avec de la terre glaise, et formaient de jolis murs fleuris. Les toits étaient chargés de grosses pierres Les hameaux sont très anciens. Les maisons étaient petites, serrées les unes contre les autres pour pour éviter l’envol des tuiles. Bien souvent une seule pièce en terre battue au rez-de-chaussée constituait la pièce à vivre, à l’étage une ou 2 chambres et autour d’une courette souvent exiguë, se trouvaient de petits bâtiments en pierres apparentes à usage essentiellement agricole et sanitaire (la petite cabane…) : « les usines », qui se transformèrent progressivement en « aisines », (y-a-t-il un lien entre aisine et aisance ?). Les rues très étroites, boueuses ou poussiéreuses suivant les saisons, étaient bordées de caniveaux servant de « tout à la rue », devenant le « tout au champ »,avec l’odeur en plus. De grosses pierres plates aidaient à traverser les passages difficiles. La municipalité d’Ars évitait de transformer les chemins en chemins vicinaux pour éviter d’en avoir la charge. Beaucoup existent encore, le chemin du Pontreau, le chemin de la Rose des Croix, chemin reliant en ligne droite le Griveau à Ars arrivant à la Croix Pinaud, le chemin de l’artillerie, devenu la départementale derrière La Tricherie. 

 

L’abbé BOBARD, vicaire d’Ars en 1832, inquiet de voir si peu de villageois se rendre aux messes du bourg, fut le principal artisan de la construction d’une église aux villages, et bien involontairement l’initiateur de l’autonomie communale. Les villageois se réunissaient vraisemblablement dans des lieux non consacrés « les chapelles ». Il y a au Gillieux le souvenir de 2 chapelles. En l’absence de documents écrits, on peut supposer que les travaux ont commencé au printemps 1842, sans aucune autorisation officielle et sans aide financière sur des plans préparés par M. PENTECOTE et PATHOUOT, entrepreneurs au Griveau. La pierre a été extraite en mer et les villageois, à l’époque, au nombre de 1200, ont participé activement à la construction de l’église. Le 3 février 1843, le roi Louis Philippe 1er fait don de 300F sur sa cassette personnelle. Certains créanciers durent attendre 20 ans avant d’être complètement payés. 

Le 2 mai 1844, une ordonnance royale « érige en succursale l’édifice devant être consacré. La paroisse prend le nom de Saint Clément, pape qui avait entrepris l’évangélisation de la Saintonge. La consécration a été fixée le 9 et 16 juin 1844. De nombreux points de désaccords existaient entre les différentes composantes politiques des villages, républicains, bonapartistes, royalistes, la consécration de ce lieu de culte et de paix s’est faite et la protection de 3 gendarmes fut nécessaire pour la consécration.

Le 26 décembre 1846, une forte tempête écroule le clocher qui doit être complètement reconstruit, mais, par sécurité, pas au même endroit. C’est pour cette raison que, bizarrement, il se trouve aujourd’hui derrière l’église. Le presbytère, l’actuelle mairie, a été acheté en 1852. Le problème scolaire a été aussi compliqué que celui de l’église. L’école laïque se trouvait à Ars à plusieurs kilomètres pour les enfants, en hiver sa fréquentation n’était guère possible. Les villageois en réclamait une toujours refusée. Ils créèrent donc une école privée dans un petit magasin du Chabot aux environs de 1850, les bâtiments très vétustes ont été démolis. Dans le même temps, le curé Pichot réclamait, lui aussi, une école, la paroisse comptant 80 enfants donc 80 élèves. En 1852, le préfet refuse d’augmenter les impôts de la commune d’Ars pour la création de l’école de Saint Clément. Enfin en 1853, l’institutrice Mlle THIBAULT accepte 50 F votés par le conseil municipal d’Ars pour enseigner à Saint Clément. Difficile de s’y retrouver, les villages semblent en définitive avoir eu 2 écoles, une libre, l’autre laïque. Ce n’est qu’en 1880-1881 que fut construite une véritable école, rue de l’école

La construction existe toujours. Elle servira jusqu’en 1965. Il faut attendre 1874 pour trouver dans les archives des traces pour la création d’une classe de filles réclamée par l’inspecteur primaire.

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